Lettre ouverte à Yitshak Rabin

 

Nous voulions nous adresser à toi, Yitzhak Rabin, toi qui représentais une telle sagesse, toi qui étais le fervent défenseur de la paix, toi qui aimais tant ton pays, toi qui étais symbole d'espoir, de tolérance et de respect, toi enfin qui es toujours notre référence idéologique première.

Tu as été sur tous les fronts, à la fois général de l'armée, ambassadeur, ministre et premier ministre. Tu es parvenu à concrétiser les efforts et projets que tant ont acheminé. Ainsi, tu as prouvé au monde entier la force et la robustesse que les désirs de paix peuvent engendrer.

 

Avec la collaboration des pays frontaliers et de la communauté internationale, vous avez réussi à bâtir un véritable fondement de quiétude dans toute la région. Tu as été l'instigateur des négociations entre Israël et ses voisins, des traités de paix avec la Jordanie et des accords d'Oslo avec Yasser Arafat. Tu as été promu Prix Nobel de la Paix en 1994. Nous ne saurions combien te remercier pour cette soif ininterrompue de paix, profonde et motrice pour laquelle tu as œuvré et que nous ne cesserons jamais de transmettre à nos haverim.


Cette volonté que tu avais à vouloir mener la société israélienne vers ce climat de paix et d’apaisement fait de toi un véritable modèle. Tu es l'un des piliers de notre pays, allumant la flamme éternelle de la paix que nous continuerons toujours, nous mouvement de jeunesse, à raviver.

Nous n’étions pas nés ce 4 Novembre 1995, mais nous savons Ô combien ce jour comptait pour toi. Minutieux et prévoyant, tu craignais que la manifestation pour la paix ne rassemble que quelques centaines de personnes sur la Place des Rois à Tel Aviv.

 

Mais ce 4 novembre 1995, nous étions des milliers à te soutenir et à chanter auprès de toi Chir Lachalom, Un Chant pour la Paix.

 

Nous pouvons t'assurer, Yitzhak, que, bien que nous ne t’ayons pas connu vivant, nous pouvons encore et toujours ressentir toute la puissance et l’émotion qui régnait lorsque tu as glissé ces mots à Shimon Perez : « C’est le plus beau jour de ma vie ».

Après ton assassinat ce soir là, ce n’est pas seulement la communauté juive qui fut touchée mais c’est tout un monde qui s’essouffla.

 

Puissant garant de la paix, ton collègue et ami Shimon Peres prononça ces mots : « Nous ne sommes pas venus pour couvrir ta tombe, mais nous sommes venus te saluer, Yitzhak, pour ce que tu étais : un vaillant soldat, qui a légué des victoires à son peuple: un grand rêveur, qui a forgé une nouvelle réalité dans notre région ».

Le Roi Hussein de Jordanie déclara : « Vous avez vécu en tant que soldat. Vous êtes mort comme un soldat de la paix et je crois qu'il est grand temps pour nous tous de s’ouvrir et de parler de paix. Pas ici, aujourd'hui, mais pour tous les temps à venir. Nous appartenons au camp de la paix. Nous croyons en la paix. »

Moubarak affirma : « Le succès qu'il a accompli a finalement conduit aux fondements de la coexistence pacifique entre les Palestiniens et les Israéliens dans un climat de confiance et de respect mutuel. »

Et Bill Clinton, alors président des États-Unis énonça: « Votre premier ministre était un martyr de la paix, mais il a été victime de la haine.
Je vous le demande, peuple d'Israël, au nom de mon pays ... à la Knesset, dans vos maisons, dans vos lieux de culte, maintenez le cap juste. » ;

 

« Shalom Haver », « Au revoir camarade ».

Se confrontant à cette dure réalité, il est denotre devoir à nous, mouvements de jeunesse, de suivre tes pas et de continuer à nourrir cette soif de paix et de sérénité sur le territoire.

Ta disparition a tout changé ... "Si tu étais encore là" ...

 

Si tu étais encore là, à quoi ressemblerait Israël aujourd'hui ?

Si tu étais encore là, quels espoirs de paix les juifs du monde entier s'autoriseraient-ils ?
Si tu étais encore là, la question de Jérusalem aurait-elle été réglée ?
Si tu étais encore là, saurions-nous serrer la main de nos ennemis comme tu as su le faire ?
Si tu étais encore là, aurions nous vécu 2000, 2006, 2008, 2012, 2013, 2014, aurions nous vécu Guilad Shalit, Eyal, Guilad et Naftali, aurions nous vécu la tuerie d'Itamar et tant d'autres tragédies qui ont frappées israel ces 20 dernières années ?
Si tu étais encore là, Israël serait-il en paix aujourd'hui ?

 

Peut être... ou peut être pas.

Yitzhak, nous aurions tellement voulu que tu sois encore là, pour que nous n'ayons pas à y être.

Dans nos mouvement, celui qui enseigne s'appelle le "madrih", "guide" en hébreu. C'est cela, le 4 Novembre 1995, nous avions perdu notre madrih à tous.

 

Nous étions comme orphelins, les madrihim de l'époque avaient grandi avec tes idées et étaient persuadés que la paix était proche.

 

Perdu ? Pas tout à fait.

 

Si chaque année on se rappelle de toi, ce n'est pas pour la beauté du geste mais bien parce que si tu es enterré, tes idées elles, ne le sont pas. Elle vivent à travers nos activités, ce que l'on essaye de transmettre sans relâche à la jeunesse d'aujourd'hui. La voie sur laquelle tu nous as lancés nous guide pour continuer ce que tu as entrepris.

Tout ceux qui étaient au mouvement à l'époque se rappellent de ce qu'ils faisaient exactement au moment où ils ont appris ta mort.

 

Ce jour là a marqué un tournant dans notre histoire, un déclic a eu lieu. Tu n'es pas parti pour rien, on continuera ton combat aussi longtemps qu'il le faudra.

Et même si Chir la Chalom n'a pas su te protéger comme l'étoile du bouclier a su protéger David, la place des Rois d'Israël porte aujourd'hui ton nom.

 

Alors, merci Yitzhak d'avoir fait tout ce que tu pouvais pour israël, merci de représenter l'espoir d'une paix proche nous l'espérons, merci.
 

 

 

 

 

Habonim Dror et Hachomer Hatzair

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